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Produit de Nouvelle-Aquitaine : le linge basque
Le linge basque a gagné une nouvelle étiquette : les tisserands du Béarn et du Pays basque ont obtenu une indication géographique qui renoue avec l’histoire du tissage dans le bassin de l’Adour.
Sommaire
La culture du lin dans les Pyrénées
A l’origine, le tissage dans le Béarn et le Pays basque est lié à la culture du lin. La plante pousse naturellement au pied des Pyrénées, de Bayonne jusqu’à Perpignan. Dans les campagnes, les familles tissent à la maison, ou font appel à des tisserands itinérants. On confectionne des étoffes qui durent et résistent aux usages domestiques et agricoles, d’où la réputation de solidité des tissages du Sud-Ouest. On coud alors les blouses des paysans ou encore la fameuse mante appelée saïal en basque : une grande pièce de tissu dont on recouvre les bœufs et animaux de trait pour les protéger des insectes et absorber la transpiration. En 2021, la culture du lin a pratiquement disparu dans les Pyrénées-Atlantiques, même si un projet mené par le tisserand Benjamin Moutet tente de la réintroduire. Une soixantaine d’hectares sont ainsi de nouveau cultivés au Pays basque.
Linge basque ou toile du Béarn ?
Les deux ! Linge basque et toile du Béarn désignent historiquement la même famille d’articles tissés. C’est durant l’entre-deux-guerres que s’impose l’appellation linge basque, commercialement plus porteuse avec l’essor du tourisme en région.
Avec l'hydro-électricité des gaves
Dès la fin du XVIIIe siècle, le tissage s’organise en filière artisanale. La production de Coarraze, de Pau et d’Orthez s’exporte même en partie vers l’Espagne et vers les îles françaises d'Amérique, comme Saint-Domingue. Au fil des années émerge une industrie qui profite de l’arrivée du coton (via les ports de Bayonne et de Bordeaux) et de l’hydro-électricité. Le long des gaves, ces torrents de montagne du bassin de l’Adour, les tissages mécaniques se multiplient, essentiellement pour produire de la toile à sandale. En 1967, le secteur emploie quelque 250 personnes dans le département. Mais face à la concurrence, les fabriques font faillite l'une après l'autre dans les années 70. Deux maisons tissent encore dans les Pyrénées-Atlantiques : les tissages Moutet et Lartigue, tous deux labellisés Entreprise du patrimoine vivant(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) pour leur savoir-faire. Les deux entreprises ont relancé le syndicat des tisseurs de linge basque d’origine, et obtenu une indication géographique en novembre 2020.
Des motifs et des couleurs
Le linge basque peut être orné de motifs géométriques (comme les broderies) ou traditionnels. Parmi les motifs traditionnels figurent les célèbres rayures, les armures (des fonds ouvrés comme l’œil de perdrix, l’œil landais, la belle fleurette…) ou les bayadères (de larges rayures de toutes les couleurs). Utilisées récemment, les bayadères ont largement contribué à remettre le linge basque à la mode. Côté coloris, le rouge et le bleu reviennent le plus souvent dans les archives. Mais le linge basque s’est très vite ouvert à toutes les nuances.
Visiter les ateliers des tisserands
Du fil à la finition, la réalisation d’un article demande plusieurs étapes de fabrication : ourdissage, nouage, réglages, tissage, confection… Les tissages Moutet(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) (à Orthez) et Lartigue(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) (à Ascain et Bidos) organisent des visites de leurs ateliers. « Le public est surpris du travail en amont que nécessite le tissage », explique Philippe Lartigue, quatrième génération à la tête de la maison familiale. Philippe Lartigue a lancé, en 2010, la marque Lartigue 1910 en hommage à son arrière-grand-père, Calixte Lartigue, qui ouvrit il y a cent ans un premier atelier mécanisé près d’Oloron.
Pour Benjamin Moutet, les visites sont aussi importantes pour « découvrir des métiers générateurs d’emploi mais également source d’innovation ». Cinquième génération à diriger l’entreprise familiale, Benjamin Moutet conserve le goût des collaborations croisées. Très vite, les tissages Moutet, créés en 1913, se distinguent avec le jacquard, cette technique qui permet de tisser des motifs particulièrement précis. Avec le programme « usine ouverte », l’entreprise multiplie les partenariats avec de jeunes créateurs. Les tissages Moutet ont ainsi réalisé une œuvre monumentale de plus de sept mètres de long (avec la designer Barbara Asei Dantoni) exposée à Biarritz pour accueillir les participants au sommet du G7 en 2019.
Fiez-vous à l’étiquette « IG Linge Basque »
La mention « made in France » ne signifie pas forcément tissé dans les Pyrénées-Atlantiques ! Seule l’étiquette « IG Linge Basque » garantit qu’un article a bien été tissé dans le département. L’indication géographique (IG) couvre les tissus élaborés à partir de fibres naturelles (coton ou lin). Les fibres acryliques ou en polyester sont interdites. Ce qui n’empêche pas la créativité : le linge basque se décline en tissu au mètre, en linge de table, d’ameublement, vêtements, toile à sandale ou accessoires divers.
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