Vous naviguez en mode anonymisé, plus d’infos

La Région Nouvelle-Aquitaine

Statue du chevalier de Borda

Le chevalier de Borda, un officier savant au siècle des Lumières

Temps de lecture 5 minutes

Né en 1733 à Dax, Charles de Borda est issu d’une famille gasconne de la noblesse d’épée. Il fait ses études au collège des Barnabites de sa ville natale, puis à celui de La Flèche (l’actuel Prytanée militaire) tenu par les Jésuites, avant d’entrer en 1755 aux chevau-légers de la garde royale à Versailles.

Publié le mardi 14 février 2023

Très tôt, Borda a manifesté un véritable don pour les mathématiques et la physique, au point d’être accepté par l’Académie des sciences, tout en participant à la guerre de Sept Ans en Allemagne. Par la suite, il quitte la cavalerie pour entrer en 1758 à l’école du Génie de Mézières, premier établissement de ce genre en Europe, dont il sort diplômé à peine un an plus tard. Affecté à Dunkerque, puis à Brest comme ingénieur militaire, il prend ses premiers contacts avec le monde de la Marine.

Le cercle de réflexion

Déjà considéré comme l’un des meilleurs géomètres de son temps, il multiplie les travaux novateurs, notamment en matière d’hydrodynamisme et de résistance des fluides, ce qui lui vaut d’être muté de l’armée de terre à la marine en 1767. Inhabituels, ces transferts dans les forces navales étaient très mal vus des marins chevronnés passés par une école, comme l’ont été les transferts de Bougainville et du comte d’Estaing dans la Royale à la même période. Mais Borda arrive au moment où apparaît un nouveau type d’officier de marine, « l’officier savant », féru d’algèbre, d’hydrographie, d’astronomie et capable de calculer la longitude.
Il commence une série de séjours en mer et de voyages lointains, au cours desquels il réalise de multiples expériences et explorations scientifiques, lui permettant d’intégrer l’Académie de marine. Chargé en 1776 de faire la cartographie de l’archipel des Canaries, c’est au cours de cette expédition qu’il commande, qu’il met au point son invention la plus connue, le « cercle de réflexion » (ou cercle de Borda) permettant de calculer la latitude et la longitude avec une précision jusque-là inégalée.

A l’origine du « mètre »

Par la suite, c’est en tant qu’officier combattant qu’il participe à la guerre d’indépendance américaine et commande même aux Antilles une petite division navale, chargée de s’en prendre aux intérêts britanniques, avant d’être capturé par la Royal Navy en 1782. À son retour de captivité, il devient conseiller technique des ministres de la Marine et participe activement à la réorganisation et à la modernisation de la flotte entre 1784 et 1787. C’est à lui qu’on doit la standardisation des navires de guerre, afin de permettre leur production en série. Les dernières récompenses de l’Ancien Régime viennent renforcer encore plus sa position, puisqu’il fait partie de cette génération d’officiers savants qui accèdent à des postes de très haute responsabilité : chevalier de Saint-Louis, chef de division, directeur de l’École des élèves-ingénieurs de la Marine.
Peu inquiété par la Révolution jusqu’en 1793, Borda poursuit ses travaux académiques au sein de la Commission des poids et mesures qui doit établir des règles de mesure uniformes pour toute la République. Il participe à la création du système métrique et, avec l’ingénieur Lenoir, conçoit un cercle répétiteur capable de mesurer le méridien terrestre. C’est à lui qu’on doit le nom de « mètre ». Temporairement menacé sous la Terreur comme « ex-noble » et comme l’un des courageux à avoir signé la pétition demandant la libération de Lavoisier, il met au point les tables de logarithmes et trigonométriques (les ancêtres de nos calculatrices). En 1795, il devient le premier président du Bureau des longitudes et de l’une des trois classes du nouvel Institut de France tout en conseillant le Directoire dans le domaine de l’armement. Il meurt à Paris en 1799.
 

Hommages posthumes

Le nom de Borda n’a pas été oublié par la Marine, puisqu’il a été donné à cinq navires et aux élèves de l’École navale (les « Bordaches »), par l’astronomie (un cratère sur la Lune et un astéroïde portent également son nom), ni par sa ville natale (un musée, un lycée, une société savante, des thermes notamment). Enfin, il fait aussi partie des 72 scientifiques ayant leur nom inscrit sur la tour Eiffel.
Le chevalier de Borda a ainsi incarné l’exemple de l’honnête homme du siècle des Lumières, donnant ses lettres de noblesse aux sciences nautiques, à la géodésie, à l’astronomie et au système métrique. Cependant, il reste méconnu du grand public.

Couverture du livre sur le chevalier de Borda
A propos de l'auteur

Docteur en histoire, spécialiste du XIXe siècle, Gonzague Espinosa-Dassonneville est président de la Société de Borda et enseigne à l’École des hautes études internationales et politiques. Il est l’auteur de livres sur le général Lamarque et l’indépendance de l’Amérique espagnole.

Les coordonnées de la Région

Région Nouvelle-Aquitaine
Hôtel de Région 14, Rue François de Sourdis CS 81383 33077 Bordeaux Cedex 05 57 57 80 00
Région Nouvelle-Aquitaine
Maison de Poitiers 15, rue de l'Ancienne Comédie CS 70575 86021 Poitiers Cedex 05 49 55 77 00
Région Nouvelle-Aquitaine
Maison de Limoges 27, boulevard de la Corderie CS 3116 87031 Limoges Cedex 1 05 55 45 19 00