Dans cet épisode, Alternatives s’interroge sur l’éco-rénovation et l’éco-construction, avec la visite d’un chantier inspirant en Charente-Maritime.
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La saison 1 d'Alternatives est disponible sur vos plateformes et applications d’écoute. Retrouvez ici des extraits de l’épisode et les coordonnées des intervenants.
La transition énergétique
C’est un des grands enjeux de la transition énergétique. Le logement résidentiel est un des postes le plus important de consommation d’énergie. Avec des maisons et des appartements mieux conçus ou rénovés et mieux isolés, il s’agit d’économiser, de moins gaspiller de ressources, mais également de réduire les émissions de gaz à effet de serre, principalement produites par le chauffage.
Alors, qu’est-ce qu’un éco-habitat ? Comment aller vers des lieux de résidence plus durables et plus confortables ? Et pour aller plus loin que les solutions techniques, peut-on concevoir de nouvelles façons se loger ?
Alternatives est en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres. Près de La Rochelle, à Sainte-Soulle, l’Oasis des Tisserands est un chantier de construction et d’éco-rénovation qui a mobilisé différentes techniques. Ici s’invente aussi une nouvelle façon de vivre ensemble. Ameline Bossom, Jeanine Guyon, toutes deux résidentes, et l’architecte François Gemgembre expliquent le projet. A La Crèche, le CRER, centre régional des énergies renouvelables, est membre du réseau France Rénov en Nouvelle-Aquitaine. Ce service public conseille les particuliers pour la rénovation énergétique. Adrien Villetelle revient sur les missions du réseau France Rénov, les solutions et filières de l’éco-rénovation présentes en Nouvelle-Aquitaine et les principaux points à bien avoir en tête avant de commencer ses travaux.
Solidarité et vivre ensemble
« Je suis associée de la SCIA [société civile immobilière d’attribution, NDLR]. »
« On a douze logements. Cinq logements qui sont en rénovation et sept qui sont neuf. Moi j’habite un des appartements qui est rénové. C’est un appartement qui est situé dans une grande bâtisse qui était la bâtisse principale du lieu, la maison principale des anciens propriétaires. Une grande bâtisse qui fait 240 m2 et qui a été divisée en trois appartements et deux chambres d’auberge. Sur ce lieu on a donc ces douze logements plus le tiers-lieu qui est une entreprise qui a ses propres locaux ici et qui ouvre ses services à l’extérieur. (…) »
« L’habitat participatif c’est l’histoire de ma vie, un petit peu. J’ai été en pension à l’âge de 8 ans. Je ne sortais qu’une fois par mois alors que les autres sortaient une fois par semaine. On était trois ou quatre à rester. On était très liées les unes avec les autres. On se soutenait, on pleurait ensemble, on riait ensemble et on vivait ensemble puisqu’en pension on vit vraiment ensemble. Ensuite j’ai fait une formation d’éducatrice spécialisée. J’ai toujours travaillé en internat par choix. Parce que pour moi, les enfants qui étaient en internat, ils vivaient des choses difficiles et que les temps familiaux étaient les moments où on était en vrai relation avec eux. Comme on travaillait en éducateurs en internat, on avait des horaires compliqués, on rentrait tard le soir, on travaillait les week-ends. Donc on s’est organisés avec d’autres collègues qui travaillaient dans le même établissement que nous, mais avec des horaires différents, et on se gardait mutuellement les enfants. C’était de l’éducation participative aussi.
Voilà pourquoi j’ai toujours eu envie de ce partage, de cette entraide, de cette solidarité et de vivre ensemble. Mais ici c’est ensemble et chacun chez soi. C’est-à-dire que l’on a chacun notre maison. Ce n’est pas une communauté où on mange toujours ensemble et où on fait tout ensemble. On a chacun notre maison, si on a envie de rester chez soi, on reste chez soi. Mais par contre, on participe à des activités communes, on a des lieux communs comme la cuisine d’été, la piscine, la buanderie, un atelier de bricolage (…) »
Isolation en chaux chanvre
« C’est un lieu dont la surface est de 8000 m2. C’était l’ancien château de Dompierre. (…) »
« A la base, la démarche était de travailler en isolation par ballot de paille : une construction en bois avec isolation par ballot de paille. On a beaucoup avancé sur ce sujet-là, on s’est rendu compte que finalement, économiquement parlant, c’était un peu difficile. J’ai une expérience de bâtiment en chaux chanvre, puisque mon agence d’architecture est en chaux chanvre. J’en ai parlé aux habitants mais pareil, avec le chaux chanvre on se confrontait aussi à l’aspect économique. Donc on était sur de la construction en ossature bois, isolation en laine de bois, des matériaux bio-sourcés avec une grande performance de l’isolation thermique, des toitures végétalisées mellifères. Et puis, sur le bâtiment existant, les habitants se sont très vitre projetés sur l’isolation en chaux chanvre, qui a une caractéristique très forte : ça permet, en particulier sur les bâtiments en pierre, de garder le côté perspirant. (…)
A travers ce chemin de trouver un professionnel qui est arrivé pour la rénovation, je l’ai emmené sur les bâtiments neufs, j’ai emmené à la fois le charpentier, l’électricien, tout ce qui est menuiseries extérieures, et l’artisan en projection de chaux chanvre sur quelque chose qu’ils n’avaient jamais fait. Ce projet-là crée une dynamique d’équipe partenaire très bienveillante et très solidaire sur le projet. Nous avons trouvé tous les moyens de tenir le budget et de respecter les coûts. »
Construire ou rénover ?
« Si c’est possible, et que des logements ou bâtiments sont vacants, il faut mieux rénover que construire. Ça va dépendre principalement du territoire concerné, si des logements sont vacants, autant les utiliser. Si par contre il y a impossibilité de se lancer dans la rénovation énergétique par manque de bâtiment, dans ce cas-là, oui, la construction raisonnée est envisageable. »
« Elles peuvent être multiples et très variées. Ça commence par des demandes concernant l’isolation de leur logement, que ce soit des combles, des murs, le remplacement des menuiseries par exemple, jusqu’au système de production d’énergie, pour le chauffage et eau chaude sanitaire. Mais également pour tout ce qui est production d’énergie électrique renouvelable avec le photovoltaïque, par exemple. »
Les intervenants
Comment se passe la transition écologique en Nouvelle-Aquitaine ? Le podcast Alternatives donne la parole à des habitantes et habitants de la Région qui ont choisi de changer leurs habitudes pour l’environnement. Quelles ont été leurs difficultés ? Quels sont leurs conseils ? Quelles associations ou organismes les ont accompagnés ? Ecoutez leurs témoignages et différentes initiatives dans Alternatives, le podcast de celles et ceux qui font au quotidien la transition écologique en Nouvelle-Aquitaine.