Reconnue en France comme à l’international pour le beurre d’Échiré ou le Chabichou, la laiterie artisanale Coopérative Laitière de la Sèvre a engagé le développement de nouvelles gammes de produits. Des investissements qui déboucheront sur 30 embauches d’ici deux ans.
Vous ne connaissez pas forcément son nom. Mais ses produits ont une réputation qui dépasse les frontières de l’Hexagone. Le beurre d’Échiré, de renommée internationale, est présent sur la table de nombreux chefs d’État et de restaurants étoilés, multimédaillé au Concours général agricole depuis 1896. Le fromage au lait cru Chabichou, également multimédaillé, sans oublier le Chevrot ou le Mothais sur feuille.
La Coopérative Laitière de la Sèvre (CLS), basée à Celles-sur-Belle dans les Deux-Sèvres, une des dernières laiteries indépendantes et artisanales de France, est née de la fusion, en 2004, de l’entreprise Échiré, qui fête cette année ses 125 ans (1894), et de Sèvre et Belle, fondée en 1893. « Les deux structures se connaissaient déjà très bien, précise Michel Papot, directeur de CLS. Un rapprochement, pour des questions de mutualisation, avait déjà été opéré en 1994. »
Que ce soit dans ses locaux à Échiré, où le beurre continue d’être confectionné dans les barattes en bois, ou dans ceux de Celles-sur-Belle, où chaque fromage
est moulé à la louche avec le même geste depuis 126 ans, l’entreprise veut continuer à revendiquer ce caractère artisanal. Mais elle est aussi contrainte, pour
assurer son avenir, d’engager une diversification. « En effet, la valorisation de la matière grasse ne suffit plus, précise Patrick Roulleau, président de la coopérative, nous devons trouver des débouchés pour notre lait écrémé (36 millions de litres sur les 40 millions collectés chaque année) afin de ne plus être contraints par le marché du lait, qui affiche des prix toujours plus bas. »
Pérenniser la laiterie donc, qui compte 140 salariés, mais aussi mieux rémunérer ses 118 producteurs locaux (63 pour le lait de vache et 55 pour le lait de chèvre).
Trois projets de diversification
Plusieurs orientations de diversification ont donc été engagées depuis l’an dernier.
La première porte sur la création d’une gamme de fromages pasteurisés, chèvre et vache, destinée en partie à l’export. En 2018, 14 tonnes ont été produites. « L’objectif est d’atteindre 400 tonnes d’ici deux ans, poursuit Michel Papot. Dans le même temps, nous abandonnerons les bûches et bûchettes sur lesquelles nous ne sommes pas compétitifs par rapport aux laiteries industrielles. »
Autre grosse évolution : le lancement cette année d’une nouvelle gamme de fromages à pâte pressée de type tome. « Nous visons une production de 200 tonnes par an. » Deux programmes qui imposent l’installation de nouvelles lignes de production pour un investissement de 250 000 €.
Et, enfin, la troisième innovation : le développement du lait UHT demi-écrémé sous deux marques, l’une Échiré haut de gamme et une seconde, Sèvre et Belle, lait régional Nouvelle-Aquitaine en circuit court. Pour cette activité, un bâtiment sera spécifiquement construit pour un montant de 8,5 millions d’euros.
D’ores et déjà la Région Nouvelle-Aquitaine est partenaire sur les différents investissements à hauteur de 370 000 €. De nouveaux débouchés qui devraient engendrer, d’ici deux ans, l’embauche de 30 personnes.