Vitrine mondiale de la vitalité du secteur, le festival international de la Bande dessinée (FIBD) d’Angoulême confirme son rôle économique avec le marché international des droits et des licences. La 47e édition, du 30 janvier au 2 février, a officiellement lancé l’Année de la BD.
Pas moins de six auteurs néo-aquitains ou maison d’éditions de Nouvelle-Aquitaine ont été primés lors de la 47e édition du Festival International de la BD (FIBD). Avec ce palmarès, la Nouvelle-Aquitaine confirme sa passion pour le 9e art. Quatre Fauves (les trophées officiels du festival) ont été remportés par des Néo-aquitains, également distingués par deux autres prix. A cela s’ajoute le prix Jeunes Talents Région, décerné à Clémence Sauvage, d’Angoulême.
2020, l’année de la BD est ouverte !
Terre de BD, la Région Nouvelle-Aquitaine porte également un des premiers grands évènements inscrits au programme de l’Année de la bande dessinée. Parmi les temps forts du festival d’Angoulême, l’Année de la bande dessinée, baptisée BD 2020, a officiellement été lancée jeudi 30 janvier. Organisée par le Centre national du livre (CNL) et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, l’Année de la BD verra se dérouler de nombreuses manifestations partout en France. Avec Gares et Connexion, la Région Nouvelle-Aquitaine est ainsi partenaire d’expositions dans 17 grandes gares, de Paris à Strasbourg.
Au marché international des droits et des licences
L’Année de la BD doit galvaniser une filière créative particulièrement florissante en Nouvelle-Aquitaine. Deuxième Région de résidence des auteurs, scénaristes et illustrateurs (elle accueille 13 % des bédéistes après l’Île-de-France), la Nouvelle-Aquitaine est devenue un des premiers financeurs du Festival International de la BD, en engageant 590 000 euros dans l’édition 2020. Ce financement a notamment soutenu le pavillon Manga City, 2900 m2 dédiés aux mangas, ainsi que le marché international des droits et des licences, où les éditeurs peuvent acheter ou vendre les droits des ouvrages qu’ils publient, notamment à l’étranger.
Ce marché des droits confirme la place croissante de l’activité professionnelle au FIBD, véritable « hub international », où se rencontre le monde économique de la BD. Redimensionné avec l’aide de la Région, le marché des droits vise à devenir le lieu incontournable de l’économie de la BD. Il s’est ouvert cette année à la vente des droits pour des adaptations audiovisuelles, au cinéma, en série ou pour l’animation.
La BD dans le contrat de filière livre
Une demi-dizaine de maisons d’édition régionales ont été formées et suivies par ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine), pour participer aux rendez-vous avec les acheteurs organisés au marché des droits. « On attend avec impatience les formations sur les droits audiovisuels », indique Hélène Richard, du collectif d’auteurs FLBLB, qui a remporté le Prix du Public France Télévisions avec « La saison des roses », de Chloé Wary. Basée à Poitiers, la petite maison d’édition compte aussi s’appuyer sur les aides mises en place par la Région dans le cadre du contrat de filière pour le livre : aides au programme éditorial, aide à la mobilité ou aide au développement (avec la DRAC). « J’ai commencé en CDD, mais mon poste a pu être pérennisé avec les aides au développement, raconte Céline Constantin, au stand des éditions bordelaises Cornélius. C’est super d’être accompagnés car on est clairement sur des enjeux d’emploi. »
Avec des résidences d’auteurs et des bourses financières, les dispositifs d’aide de la Région s’adressent également aux auteurs. La croissance du secteur (un chiffre d’affaires en hausse de 20 % sur les 10 dernières années) ne doit « pas masquer que le niveau de vie des auteurs s’est considérablement dégradé, a rappelé Alain Rousset, président de la Région. La question sociale des auteurs est bien au cœur des enjeux du Contrat de filière livre qui nous lie au CNL et de notre agence ALCA. »
Dans le cadre de l’Année de la BD, l’ALCA a ainsi élaboré un programme particulièrement complet, salué par le ministère de la Culture, s’adressant aux professionnels (avec des formations et des rencontres) comme au grand public. Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, organisateurs de festival : « tous les acteurs sont conviés, détaille Patrick Volpilhac, directeur général de l’ALCA. Notre stratégie pour ce programme 2020 est de toucher tous les maillons de la chaîne économique de la bande dessinée. Nous ne pouvons pas dissocier la production de la BD de la réalité sociale. Notre travail est aussi d’aborder le sujet avec l’ensemble des partenaires de la filière. »
Le programme 2020 d'ALCA
- Prix du patrimoine
La Main verte et autres récits, de Nicole Claveloux, éd. Cornélius (33) - Fauve polar SNCF
No direction, d'Emmanuel Moynot (Bordeaux), éd. Sarbacane - Prix jeunes adultes
Le Tigre des neiges, tome 4, d'Akiko Higashimura, éd. Le Lézard Noir (86) - Prix du public France Télévisions
Saison des roses, de Chloé Wary, éd. Flblb (86) - Grand prix Konishi 2020 pour la traduction du manga en français
Aurélien Estager, pour Stop !! Hibari-Kun ! (de Hisashi Eguchi), éd. Le Lézard Noir (86). - Prix des libraires de bande dessinée
Alain Ayroles (Bordeaux) et Juanjo Guarnido, pour Les Indes fourbes, éd. Delcourt.
Le FIBD en chiffres
représentés
dédiés
visiteurs sur 4 jours
dont 590 000 euros de la Nouvelle-Aquitaine
et 29 producteurs invités au marché international des droits et licences